mardi, 26 décembre 2006
Fais pas l'malin...
Félix Marten - Fais pas l'malin!

Les gros les petits les calvitieux
Qui regardent les filles d'un air vicieux
Ça te fait rire
Les retraités de la volupté
Aux jambes qui trainent au dos vouté
Ça te fait rire
Ceux qui cachent sous un vieux complet
Une vie qui n'est plus qu'un reflet
Ça te fait rire
Tu ne peux pas te figurer que leur cœur
A pu battre pour le meilleur
Et pour pire
Fais pas l'malin mon petit bonhomme
Ça t'arrivera, ça t'arrivera
Ton cœur bat comme un métronome
Il se fatiguera
Fais pas l'malin mon petit bonhomme
Car tu ne sais pas ce qui t'arrivera
Quand tu le sauras tu verras comme
tu souffriras
Tu ne doutes de rien t'es plein
Et tu te regardes dans la glace
Tout fier de toi
Fais pas l'malin mon petit bonhomme
Tout ce qui te fait rire à pleine gomme
Ça t'arrivera
Fais pas l'malin, fais pas l'malin
Fais pas l'malin
Fais pas l'malin, fais pas l'malin
Fais pas l'malin
Les mains qui se tiennent par le petit doigts
Les yeux perdus les grands émois
Ça te fait rire
Au coin de la rue, le teint blafard
Les belles pépées qui font le quart
Ça te fait rire
Lorsque t'apprend par le journal
Que l'amour souvent ça finit mal
Ça te fait rire
Le mépris siffle entre tes dents
Tu fuis les filles d'un air prudent
Sans rien leur dire
Fais pas l'malin mon petit bonhomme
Ça t'arrivera, ça t'arrivera
L'amour bien qu't'en sois économe
Ça te ruinera
Fais pas l'malin mon petit bonhomme
Quand t'aura faim tu comprendras
Faudra bien que tu mordes la pomme
Qu'il te tendra
T'auras beau dire d'une voix fière
La première fois c'est la dernière
Tu recommenceras
Fais pas l'malin mon petit bonhomme
Quand tu sera vieux comme tous les hommes
L'amour, l'amour,
L'amour, l'amour,
L'amour, l'amour,
Tu le regretteras
23:50 Publié dans Mots émerveilles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : blog, poésie, voix, salammbô, fais pas l'malin, Félix marten
lundi, 25 décembre 2006
Saturne
Une nouvelle interprétation de ce texte de Georges Brassens

SATURNE
Il est morne, il est taciturne
Il préside aux choses du temps
Il porte un joli nom, Saturne
Mais c'est Dieu fort inquiétant
Il porte un joli nom, Saturne
Mais c'est Dieu fort inquiétant
En allant son chemin, morose
Pour se désennuyer un peu
Il joue à bousculer les roses
Le temps tue le temps comme il peut
Il joue à bousculer les roses
Le temps tue le temps comme il peut
Cette saison, c'est toi, ma belle
Qui a fait les frais de son jeu
Toi qui a payé la gabelle
Un grain de sel dans tes cheveux
Toi qui a payé la gabelle
Un grain de sel dans tes cheveux
C'est pas vilain, les fleurs d'automne
Et tous les poètes l'ont dit
Je regarde et je donne
Mon billet qu'ils n'ont pas menti
Je regarde et je donne
Mon billet qu'ils n'ont pas menti
Viens encore, viens ma favorite
Descendons ensemble au jardin
Viens effeuiller la marguerite
De l'été de la Saint-Martin
Viens effeuiller la marguerite
De l'été de la Saint-Martin
Je sais par cœur toutes tes grâces
Et pour me les faire oublier
Il faudra que Saturne en fasse
Des tours d'horloge, de sablier
Et la petite pisseuse d'en face
Peut bien aller se rhabiller...
Georges Brassens
18:29 Publié dans Mots émerveilles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : blog, poésie, voix, salammbô, saturne, Brassens
Est-ce ainsi...
Un nouvel excercice vocal..
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Tout est affaire de décor
Changer de lit changer de corps
À quoi bon puisque c'est encore
Moi qui moi-même me trahis
Moi qui me traîne et m'éparpille
Et mon ombre se déshabille
Dans les bras semblables des filles
Où j'ai cru trouver un pays.
Coeur léger coeur changeant coeur lourd
Le temps de rêver est bien court
Que faut-il faire de mes jours
Que faut-il faire de mes nuits
Je n'avais amour ni demeure
Nulle part où je vive ou meure
Je passais comme la rumeur
Je m'endormais comme le bruit.
C'était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens
Tout changeait de pôle et d'épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j'y tenais mal mon rôle
C'était de n'y comprendre rien
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent
Dans le quartier Hohenzollern
Entre La Sarre et les casernes
Comme les fleurs de la luzerne
Fleurissaient les seins de Lola
Elle avait un coeur d'hirondelle
Sur le canapé du bordel
Je venais m'allonger près d'elle
Dans les hoquets du pianola.
Le ciel était gris de nuages
Il y volait des oies sauvages
Qui criaient la mort au passage
Au-dessus des maisons des quais
Je les voyais par la fenêtre
Leur chant triste entrait dans mon être
Et je croyais y reconnaître
Du Rainer Maria Rilke.
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.
Elle était brune elle était blanche
Ses cheveux tombaient sur ses hanches
Et la semaine et le dimanche
Elle ouvrait à tous ses bras nus
Elle avait des yeux de faïence
Elle travaillait avec vaillance
Pour un artilleur de Mayence
Qui n'en est jamais revenu
Il est d'autres soldats en ville
Et la nuit montent les civils
Remets du rimmel à tes cils
Lola qui t'en iras bientôt
Encore un verre de liqueur
Ce fut en avril à cinq heures
Au petit jour que dans ton coeur
Un dragon plongea son couteau
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent
Comme des soleils révolus
Louis Aragon
06:23 Publié dans Mots émerveilles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Salammbô, voix, texte, Aragon
samedi, 23 décembre 2006
Le crachat
Un texte que je trouve très joli de Monsieur Léo Férré, dit par moi.
Le Crachat
Glaireux à souhait avec des fils dans l'amidon
Se demandant s'il tombera du mur ou non
Le crachat au soleil s'étire
Son œil vitreux de borgne où la haine croupit
Brillant d'un jaune vert pâlot et mal nourri
Sous la canicule chavire
D'où viens-tu pèlerin gélatineux et froid
De quelle gorge obscure as-tu quitté l'emploi
Pour te marier à cette pierre
D'un gosier mal vissé ou d'un nez pituiteux
D'un palais distingué d'un poumon besogneux
Ou d'une langue de vipère
Avant que de finir au plat sur ce granit
Etais-tu préposé au catarrhe au prurit
Ou bien à résoudre une quinte
Es-tu le doute du rêveur l'orgueil du fat
La solution d'un douloureux échec et mat
Ou l'exutoire du farniente
Agacé par l'insecte au ventre crevant d'œufs
Décoloré, suintant, le crachat comateux
Sur le trottoir enfin débonde
Tandis qu'agonisant sous des pieds indistincts
A l'aise enfin chez lui il me dit l'air hautain
" Je suis la conscience du monde "
Léo Ferré
18:32 Publié dans Mots émerveilles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Texte, voix, salammbô, Léo Férré
mercredi, 20 décembre 2006
Joyeux Noël
16:53 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






